Le musicien du XXIème siècle

Le raz de marée numérique n’a pas épargné la musique. Aujourd’hui on la crée, partage, diffuse et consomme plus qu’aisément, et c’est en partie grâce à l’affluence des réseaux sociaux et de leurs consommateurs. Comment le musicien contemporain hisse sa voile dans cet océan numérique et sonore?

A l’heure où l’industrie du disque survie tant bien que mal, les artistes sont dans la nécessité de trouver de nouvelles alternatives pour continuer à vivre de leurs productions. La « mort du disque » comme l’annonçait en 2013 le duo de rappeurs Casseurs Flowteurs dans leur morceau du même nom dénonce la réalité de cette musique physique à l’agonie. La solution vient d’ailleurs. La musique n’est plus essentiellement matérielle. A l’image de l’ère numérique dans laquelle nous vivons, elle s’est dématérialisée, et ce sont les plateformes de diffusion en flux (streaming) qui prennent de l’importance sur le marché depuis quelques années. D’après les chiffres du SNEP, le marché numérique de la musique a connu une progression constante, passant de 50,8 millions d’euros en 2007 à 133 millions en 2014.

Le français Deezer, l’un des leaders des plateformes d’écoute en streaming, c’est selon Viuz & Co :

  • 6,89 millions d’abonnés dont près d’1,3 millions d’abonnés payants actifs (ayant joué au moins un morceau sur un mois.)
  • Un chiffre d’affaires de 141,9 millions d’Euros en 2014 contre 63,5 millions d’Euros en 2012.
  • Une présence dans 180 pays
  • 280 millions d’  par jour.

Et la concurrence fait rage: Spotify, Apple Music, Tidal, Soundcloud, Napster… L‘offre sur le marché de la musique en flux continu s’agrandit, et les auditeurs consomment. Le public est donc toujours présent, mais les artistes dans tout ça ?

Un nouveau système économique s’est développé sur le marché de la musique avec le streaming, mais il n’est pas évident de savoir à qui il profite vraiment. Taylor Swift, ou encore Thom York, le leader de Radiohead, ont décidé de boycotter ces plateformes, critiquant l’industrie du streaming. Pourquoi ? Les artistes et les labels indépendants ne sont malheureusement pas justement rémunéré pour leur travail, soumis à l’effroyable complexité du calcul du nombre d’écoutes. Adami, société de gestion collective des droits de propriété intellectuelle des artistes-interprètes ont estimé le revenue moyen perçu par les artistes dès la mise en ligne de leur oeuvre sur les plateformes de streaming, à travers l’abonnement des utilisateurs.

adami_straming

L’arrivée du numérique, avec l’usage d’Internet et l’expansion des réseaux sociaux numériques depuis les années 2000 ouvre sans cesse de nouvelles perspectives pour les musiciens. L’industrie de la musique est alors en constante évolution, et les artistes deviennent de réels spécialistes dans la manière de diffuser leurs productions. Les réseaux sociaux comme Facebook et Twitter sont devenus le moyen d’auto-promotion fondamental dans leur processus artistique : ils représentent leur lien personnel avec le public, et cette présence numérique permet de tirer tous les profits d’une reconnaissance en ligne. Mais aussi les réseaux sociaux plus récents tels que Instagram, Snapchat ou Periscope sont l’objet d’une veritable stratégie de communication pour les artistes.

Club Cheval, groupe de musique électronique lillois composé de quatre membres est hyper-connecté sur les réseaux sociaux. Ils s’approprient ces nouveaux outils numériques pour se promouvoir, et le travail artistique se mêle a une véritable pratique marketing. Pour la sortie de leur premier album Discipline en début d’année 2016, le groupe a misé pour une omnipresence sur les réseaux sociaux, et cela avec une gestion efficace. Ils manipulent les différents réseaux sociaux de 8 mains de fer : ils postent sur Facebook photos, videos et évènements régulièrement (ici), re-partagent les sites où ils sont mentionnés, tweetent leur prochaines apparitions () et prochains concerts, re-tweetent leurs interviews et leur fans. Sur Instagram (encore là), les photos s’enchainent, ils se montrent en studio, en voyage, relaient des videos de leur concerts. Concerts que par ailleurs, ils partageaient sur Periscope, en live, comme si on y était. Une identité numérique est devenue nécessaire pour les artistes qui veulent rassembler une communauté autour d’eux.

Cette communication de soi qu’ils projettent est emblématique du XXIe siècle. La musique représente grandement cette adaptation au monde numérique, et les ressources traditionnelles de diffusion artistique sont complétées par une présence sur Internet et les réseaux sociaux. Les artistes adoptent alors une véritable technique numérique pour se promouvoir, et même si le streaming est le moyen le plus facile pour diffuser son oeuvre, les stratégies de promotion en ligne se multiplient. De nouveaux moyens existent pour développer son image et fidéliser ses fans à travers une communication cohérente, et ceux-ci permettent de réduire la contrainte des inégalités dans le système du streaming en devenant incontournable sur la toile.

 

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