Le Do it Yourself : l’art de faire soi-même 

De la création à la customisation, le fait maison (dit Do It Yourself ou DIY) passionne les français, qu’ils soient créateurs ou acheteurs. Selon un sondage Ipsos réalisé en novembre 2015, 71% des français pratiquent une activité créative pendant leurs loisirs (cette pratique devance la lecture et le sport).  Ce chiffre était de 61% en 2013, ce qui montre que les créateurs de DIY sont de plus en plus nombreux chaque année. Ce sont presque 3 français sur 4 qui proposent des DIY. Afin de se faire connaître et de vendre ses réalisations, il est nécessaire de proposer des idées originales, ce qui est de plus en plus difficile à trouver étant donné du nombre d’adeptes de DIY qui est en constante augmentation.

Selon Éric DONFU, sociologue, le Do It Yourself « est présenté comme un mouvement de contreculture, défiant le système marchand et le modèle capitaliste en lui opposant un mode de vie underground reposant sur le principe du « faire soi-même » appliqué aux objets de la vie courante comme aux productions artistiques et intellectuelles. Il gagne aujourd’hui tous les secteurs de la vie quotidienne, comme l’alimentaire et l’habillement. »

 

Internet, le média qui a permis l’émergence du DIY

C’est à partir de la fin des années 90 qu’un réel engouement autour de la philosophie du “Do It Yourself” (faites le vous-même) s’est développé. Un style de vie en phase avec Internet qui diversifie les comportements des consommateurs. Le DIY qui se vend et s’apprend principalement sur internet, modifie nos habitudes de consommation en s’opposant à la mondialisation et à l’industrialisation des produits. La production de l’objet fait sur-mesure ne se substitue pas à la production industrielle actuelle mais la complète notamment car le fait main propose une production souple et réactive. Cette consommation personnalisée réalisée sur mesure répond à un besoin bien définit. Le consommateur est un demandeur de solutions.

tutos

En 1991, la massification d’Internet grâce à l’invention du Web par Tim Berners-Lee a étendu le nombre d’utilisateurs de ce média auparavant réservé à une élite. La démocratisation des ordinateurs et des imprimantes permet à chacun de proposer des contenus orignaux et de les partager. Avec l’avènement du web 2.0 dès 2004, les internautes peuvent maintenant produire, partager et interagir avec un large public sur la toile à travers les blogs et les réseaux sociaux. Le journalisme citoyen permet un mode « tous communicants, tous producteurs » car les créateurs ont l’opportunité de faire connaître leur créativité auprès de leur réseau virtuel. D’autres mutations comme  l’essor de la photographie numérique, les blogs, le partage de vidéos, les logiciels libres, l’édition numérique ont modifié la vie quotidienne des français en leur donnant d’autres possibilités de  loisirs selon un billet publié par Eric DONFU sur le site Agoravox

En France, on dénombre en 2015 plus de 550 000 blogueuses (soit 30% de la blogosphère féminine) qui ont choisi les loisirs créatifs et qui proposent régulièrement des astuces et des tutos décoratifs.

 

Les obligations légales à respecter pour vendre en ligne

Online shopping concept.

Le mouvement du fait main semble informel, en effet un grand nombre de produits DIY peuvent être réalisés de n’importe quelle manière. Mais si les créateurs souhaitent vendre leurs fabrications, ils se doivent de respecter les droits et obligations relatifs au commerce électronique. La description objective des produits (le nom et numéro de téléphone du vendeur, le prix, les frais de port, les modalités de livraison…), du service après-vente et de la réparation doivent être proposée à l’acheteur. Si l’acheteur souhaite renvoyer son produit, il doit se rétracter (sauf si il est explicitement précisé que cela n’est pas possible sur l’annonce) dans les 14 jours suivant la réception du produit et peut être amené à payer uniquement les frais de port pour son renvoi. Le remboursement ou le renvoi d’un autre produit devra être effectué dans les 30 jours par le vendeur.

 

Pourquoi les français aiment créer eux même des objets ?

Un sondage réalisé par OpinionWay, commandité par le Salon des créations et savoir-faire (de juin à septembre 2013) révèle que 93% des sondés estiment que le faire soi-même remonte le moral car il permet à chacun d’exprimer son potentiel. Cette pratique permet également de ressentir de la fierté tout en exprimant sa créativité.

« Il invite chacun à créer, à s’ouvrir aux autres, à devenir son propre producteur et même à fonder son propre mouvement pour porter ses idées. Il rejoint donc tous les mouvements d’émancipation, et notamment le mouvement des femmes » Éric DONFU

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Pourquoi les français aiment acheter ces objets fait-main ?

En plus d’apporter un caractère unique au produit acheté (39% des réponses), les acheteurs de produits DIY estiment, pour 60% d’entre eux, que cela leur permet de payer moins cher.  Le fait d’acheter du Made in France (16%) et de pouvoir détourner l’usage d’un objet (18%) sont aussi d’autres avantages de la production d’un objet fait-maison. (les résultats complet de cette étude en format PDF)

 

Des tutoriels sur YouTube de plus en plus nombreux

tuto

Certains créateurs proposent la vente de leurs produits sur des sites spécialisés ou des blogs personnels. D’autres proposent des tutoriels de leurs créations gratuitement sur des réseaux sociaux, des blogs … Sur YouTube, les tutos (mot qui a été intégré dans l’édition 2016 du Petit Larousse de la langue française) ont un grand succès.

En effet le mot-clé « tutorial » fait partie des mots les plus recherchés sur YouTube tout au long de l’année selon Baljeet Singh, manager chez YouTube. Ils sont 3 fois plus cités que les clips musicaux. La vidéo permet d’avoir une réponse imagée à un besoin avec des étapes de réalisation très précises. Sur cette plateforme, il est possible de trouver de nombreux types de tutos sur différents domaines comme la cuisine, le maquillage, la décoration, les jeux vidéo … L’audience de ces vidéos permettent de connaître l’originalité de l’idée, le succès de son créateur. Des chaînes Youtube spécialisées dans ces tutoriels comptent des centaines de milliers d’abonnés. C’est le cas de Tartofraises qui propose des tutos de nail art et qui en compte 321 050 ou encore la chaîne « les tutos » qui en comptabilise 2 015 763.

Selon un rapport publié par Pixability, les tutoriels beauté génèrent aujourd’hui mensuellement 700 millions de visionnages. Ces DIY généralement sponsorisés par des grandes marques permettent de faire découvrir des produits à une large audience et de réaliser un grand nombre de ventes ensuite. Ce sont trois millions d’internautes de la génération Y qui ont acheté un produit après avoir visionné un tutoriel réalisé ou sponsorisé par une marque.

 

Des tutoriels parfois dangereux !

enjoyphoenix

Mais attention, une des dérives du mouvement DIY est qu’il n’y a pas de règles à respecter pour les créateurs. En effet, tous les tutos ne sont pas réalisés par des professionnels, monsieur et madame tout le monde peuvent proposer leurs idées qui parfois ne sont pas une réussite. Tous les tutoriels peuvent être postés sur Internet et ne sont pas contrôlés ou testés avant leur mise à disposition au public. C’est pourquoi la lecture des commentaires et des avis des autres utilisateurs peuvent être important. C’est le cas d’un tutoriel posté par Enjoy Phoenix, youtubeuse beauté, qui a conseillé de réaliser d’un masque à la cannelle. Cette vidéo vue 1 893 680 fois a fini par brûler la peau de certaines de ses abonnées.

 

Il met moi-même arrivé de réaliser des tuto, sous formes de photographies, trouvés sur des blogs de décoration et le résultat n’était pas totalement le même que celui annoncé. Il semble plus facile de comprendre, de suivre et de réaliser un tutoriel si celui-ci est proposé sous forme de vidéo plutôt que de photographies car il permet de comprendre avec beaucoup plus de détails grâce au son et à l’image en mouvement notamment.

 

De nouveaux objets numériques pour le DIY :

D’après le site Maddyness, une nouvelle ère du DIY est en expansion. Imprimantes 3D, découpeuses laser, logiciels et matériels open source sont désormais à la portée de tous dans des fab lab. Ces lieux ouverts au public mettent à disposition des outils généralement hors de portée des particuliers pour leurs prix élevés ou leurs tailles trop grande. Ces espaces permettent de créer nos propres objets DIY tout en pouvant aider ou être aider par d’autres personnes. La possibilité de créer des produits plus techniques et plus poussés s’étend à de plus en plus de personnes. Ces prototypes réalisés numériquement risquent cependant de créer des produits en plus grande quantité et ainsi de déroger à la règle du Do It Yourself traditionnel qui est de vendre des objets uniques. En effet avec des machines performantes ce sont plutôt des objets destinés à être commercialisés en grande série qui sont créés. Assiste-t-on à une industrialisation du fait main ?

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Le salon des créations et des savoir-faire

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Depuis 20 ans, le salon des créations et savoir-faire existe. Il est le premier rendez-vous des adeptes du Do It Yourself. Ces consommateurs ont l’occasion de se regrouper et de se rencontrer une fois par an et peuvent découvrir tous les styles de ce mouvement. Selon un communiqué de presse des organisateurs, l’édition 2015 a rassemblé 42 000 visiteurs et 295 exposants. L’intérêt des français pour le DIY est fort. En effet, plus de 9 visiteurs sur 10 achètent au moins un produit lors de leur visite chaque année portant le panier moyen à environ 109€ par personne.

Selon moi, le modèle DIY propose des produits qui ne suivent pas forcément les effets de modes. Ils sont composés de la personnalité de chaque créateur et de ses goûts personnels. Ils risquent donc de plaire à une cible plus restreinte mais c’est ce que recherche les consommateurs : un produit unique leur correspondant. Cette pratique se répand de plus en plus et continuera probablement dans cette lancée. En effet, l’envie de se différencier des autres est de plus en plus présente dans notre société.

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Une réflexion sur “Le Do it Yourself : l’art de faire soi-même 

  1. Plutôt que de parler de « nouveau mode d’achat », l’article serait plus pertinent s’il insistait au contraire sur le fait l’e-commerce a déjà une histoire (il se classerait alors dans la catégories Passé/Futur).
    Attention aux raccourcis de langage : pensez-vous vraiment que les frontières entre vendeurs et acheteurs soient supprimées ?

    J'aime

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