Peut-on être solidaire en ligne ?

Avec l’avènement du Web 2.0 à partir de 2004, Internet a pris un aspect participatif. En communicant entre eux les internautes se sont sociabilisés et les rapports entre les aux autres sont devenus interactifs. Les réseaux sociaux y sont pour beaucoup. En effet, Facebook, lancé en 2006 a permis de créer des échanges les utilisateurs du monde entier. Dès lors qu’une connexion s’établit entre deux utilisateurs, les sujets de conversations sont divers (travail, musique, actualité etc.). Toutefois, l’aspect participatif du web 2.0 permet aussi l’entraide dans la vie réelle.

 

Actions citoyennes

La solidarité du Web 2.0 s’exprimé lorsqu’un américain a filmé sur l’autoroute, un sans abri nommé Ted Williams, faisant la mendicité en proposant de faire une annonce digne d’un voix radiophonique professionnel (tel qu’il l’a été auparavant). Cette performance vocale – assez blufflante – a permis à cet homme de se faire connaître grâce au succès virale de la vidéo postée.

ted_williams.jpgUn véritable élan de solidarité à travers internet a permis de récolter des fonds pour le sortir de la situation précaire dans laquelle il se trouvait et lui de trouver un travail dans une station de radio. Ici, la dimension affective est au centre de cette solidarité auprès de cet homme dont les conditions de vie étaient déplorables (Sans domicile fixe, alcoolique, toxicomane). De plus, sa storytelling a fait le tour du monde, ce qui lui permit de plaider sa cause.

https://www.youtube.com/watch?v=samnVTZDZPI

 

Crowdfounding

Du côté du business, le web 2.0 est devenu un espace lucratif pour pouvoir faire financer ses projets et ce, de divers façons. Le crowdfounding dont le principe est le financement participatif d’une association d’un grand nombre de personnes investissant divers montants pour la réalisation d’un projet, apparaît fort logiquement avec le web 2.0. Les sites Kickstarter.com, Pledgemusic.com ou encore le site français Kisskissbankbank.com, proposent des services ou des produits divers et variés de la part des artistes ou entrepreneurs afin d’obtenir des gains pour faire fructifier leurs projets.

Ainsi le concept du site de Mymajorcompany.com s’est de suite démarquer lors de son lancement en 2007 . En effet, le site dirigé par Michael Goldman, le fils de Jean-Jacques Goldman a pour objectif d’aider un artiste à financer la production d’un single ou d’un album. L’exemple le plus parlant est celui de Baptiste Giabiconi, qui, grâce à sa popularité, a pu récolter des fonds pour faire financer son album. Une enquête de l’hebdomadaire Le Point a démontré une facette loin de la solidarité où les deux parties (donateur-producteur et artiste) sont gagnantes-gagnantes : Outre la liberté de création et d’expression à laquelle l’artiste doit se restreindre en signant chez le label My Major Company, des troubles financiers apparaissent pour le donateur dont les avantages ne lui sont pas toujours octroyés. La solidarité dans le monde de la musique trouve alors sa limite dès lors que le partage mutuel doit s’opérer.

Baptiste Giabiconi-Produire-star-chanteur-My Major Company-Robbin William-Missy Elliott-Sugababes-One night in Paradise-Oxygen.jpg

(Traduction : « L’idée est de financer cette album, ensemble. »)

 

Récolte de dons caritatifs

En 2010, l’île d’Haiti a connu une catastrophe naturelle sans précédant faisant de nombreux décès et de blessés ainsi que des dégâts matérielles très importants. Une vaste opération de solidarité à travers le monde à été lancé. Les secours du monde entier sont envoyés afin de sauver les habitants de l’île et de limiter les dégâts matériaux. Les internautes du monde entier ont pour leurs parts, eux aussi, décidés de contribuer à apporter de l’aide et ce, de différentes manières. D’une part, lorsque les avis de recherches affluent sur Facebook ou sur Twitter pour retrouver les disparus. Deuxièmement, quant à l’aide financière, chaque internaute a apporté pour aider a soigner les blessés, soutenir les familles, aider à la reconstruction des biens détruits par la catastrophe. La solidarité avait pour objectif de porter assistance aux victimes.

31_multipart3f2_image0011.jpg

 

Le groupe pop-punk californien, Blink-182 a permis de récolter des dons pour les sinistres sur l’île d’Haiti grâce aux reversements des fonds pour l’achat de ce t-shirt.

 

 

Beaucoup d’associations humanitaires ont par ailleurs mis en place des pages de dons et de collectes comme (Unicef, Action contre la Faim etc.). De même, plus récemment en 2015, lorsqu’au Népal un séisme a frappé le pays, un élan de solidarité essentiel aux habitants du pays via internet à été créer en plus de l’aide apporté sur place par les secours. Facebook a pour sa part mis en place un « contrôle d’absence de danger » qui incite toutes les personnes proches de la zone sinistrée à répondre à cette notification.

 

Facebook et l’inégale répartition du « Safety check » démontrant une autre inégalité : la considération

Le « contrôle d’absence de danger » de Facebook à été lancé de nouveau lors des attentats de novembre 2015 à Paris où de sur croix, les internautes ont, de leur propre chef, décidés de procéder à « l’opération Porte Ouverte » qui consiste à recueillir les blessés ou des rescapés des lieux sensibles dans les appartements parisiens, le temps de les abriter du danger voire même de les soigner. On assiste à une véritable organisation d’une action solidaire autonome, entre citoyens (en atteste ce poste Facebook du célèbre youtubeur Mister V) dont la notoriété permet un échange entre personnes dans sa communauté de fans.Capture d’écran 2016-04-09 à 18.52.03.png

Hélas, une tragédie a touchée la capitale du Liban, Beyrouth, la veille. Comme à Paris, une attaque terroriste en est à l’origine, qui a fait état de 43 morts et de 239 blessés. Toutefois, le Safety check est au centre des critiques de la parts des libanais qui dénoncent ainsi un effet de favoritisme, ne s’estimant pas aussi important que la France « aux yeux de Facebook ».

Pour se défendre d’une telle erreur de considération envers le peuple libanais, Facebook par le biais de Mark Zuckerberg et de son vice président, Alex Schultz, ont assuré que le 1er réseau social mondial tend à se développer et à améliorer l’application du Safety check aux « incidents graves et tragiques dans le futur ».

 

La solidarité au cœur de critiques ciblées et de controverses

Toutefois, il ne semblerait pas que dans la vie quotidienne, la solidarité soit toujours rendez-vous. Ainsi, l’émission satirique de Canal + « Groland » ont décider de caricaturer le fait qu’avoir beaucoup d’amis sur Facebook ne soit pas très utile en cas de déménagement. Cette critique humoriste n’en est pas moins réaliste tant les réseaux sociaux ne garantissent pas des contacts réels dans la vie quotidienne :

https://www.facebook.com/181160646732/videos/1165744827352/ 

Dans une actualité dédiées aux catastrophes, attentats et scandales en tout genre, les chaînes d’informations se délectent de vidéos ou d’images afin d’étayer leurs sujets faisant de l’audience et remplissant leur rôle de relais d’information auprès de la population. De cette course à l’information, des personnes mal intentionnées en profitent. Le diction « le malheur des uns fait le bonheur des autres » se vérifie comme lorsqu’une journaliste anglaise monnaie les vidéos de l’attaque menée par le RAID à Saint-Denis pour des centaine d’euros auprès d’habitants de la ville ayant filmés la scène de fusillade (filmé par les caméras du Petit Journal de Canal +). Enfin, l’actualité noire marquée par les attentats semblent se répéter en ligne , où un article du Monde « Solidarité en ligne : attentat après attentat, un amer sentiment de déjà-vu » démontre qu’une triste mécanique semble s’effectuer après chaque drame (messages de soutien sur les réseaux sociaux, des dessins ainsi que des symboles de paix employés comme la Marianne ou bien #PorteOuverte).

 

SOURCES :

http://lci.tf1.fr/monde/amerique/2011-01/le-sdf-a-la-voix-de-baryton-qui-faisait-sensation-6216060.html

http://www.lepoint.fr/culture/my-major-company-le-revers-peu-reluisant-de-la-medaille-09-01-2013-1611394_3.php

http://www.slate.fr/story/109989/liban-safety-check-facebook-attentats-novembre

http://www.canalplus.fr/c-emissions/c-le-petit-journal/pid6515-le-petit-journal.html?vid=1331796

http://www.lemonde.fr/pixels/article/2016/03/23/solidarite-en-ligne-attentat-apres-attentat-un-amer-sentiment-de-deja-vu_4888657_4408996.html

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Une réflexion sur “Peut-on être solidaire en ligne ?

  1. le billet devrait être restructuré, notamment pour mettre en évidence le fait que cette notion de solidarité en ligne recouvre en fait des logiques très différentes :
    – viralité pour accentuer la visibilité de quelqu’un ou quelque chose et/ou pour susciter une réaction liée à l’affect
    – crowdfounding (et non business) : pas nécessairement lié à des opérations de solidarité
    – récolte de dons caritatifs
    – relais d’information contribuant à l’organisation d’une action solidaire
    – alertes, safety check, etc.

    Il serait dès lors intéressant d’être un peu critique en montrant
    – que la solidarité en lignepeut cacher des opérations pas si désintéressées que cela,
    – qu’elle est inégalement distribuée (par ex : http://www.slate.fr/story/109989/liban-safety-check-facebook-attentats-novembre )
    – qu’il faut distinguer charité, assistance, considération, transformation, etc.

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