L’art du Copié-Collé

Un devoir, un dossier, un article, une analyse, un exposé, une thèse, tous ces travaux sont entre autre propices à la recherche documentaire. Mais voilà, la date butoir qui approche, pas le temps de faire un travail complet dans les temps, pas d’idées, un manque d’inspiration ?

Internet, là où tout commence

Le copié-collé a sans conteste été favorisé par Internet, source d’information principale pour faire une recherche, il nous permet d’accéder rapidement et facilement à une masse d’information.
On peut parfois même trouver la correction, ou le sujet du devoir déjà traité. Un peu de paresse et de manque de confiance en soi nous amène alors à effectuer ce geste inventé en 1973 par Larry Tesler, le copier-coller. Les plus aguerris utiliserons le raccourci clavier, CTRL+C (Copier) et une fois la destination choisie, CTRL+V (Coller).

http://www.aidewindows.net/
(http://www.aidewindows.net/)

Parmi, toutes les sources d’information sur internet, l’une d’elle est devenue le point de départ du copié-collé, Wikipédia. Encyclopédie libre portant sur une multitude de « sujets, créés et édités bénévolement par des contributeurs anonymes. » (Wikipédia, 2016) Cependant cela ne signifie pas que le contenu est libre s’être repris sans mention. Il faut citer la source en indiquant le nom de l’encyclopédie en ligne, l’article en question, l’adresse URL et la date de consultation.

La plupart des étudiants s’appuient sur plusieurs sources, ils copient et collent des extraits, rarement l’intégralité des textes consultés. Ainsi sans trop d’effort ils gagnent quelques lignes, à quelques pages en plus.
Le copier-coller relève néanmoins d’un travail de recherche, de tri, d’organisation, d’assemblage d’idées récoltées, sur le web principalement.
Pourtant le résultat sur la copie peut se révéler décevant pour l’étudiant qui à travailler en apportant le maximum d’idée et d’information. En effet, le zéro en rouge sur la copie est l’un des risques majeurs, mais cela peut aller beaucoup plus loin avec l’exclusion de l’étudiant fautif.
Le copié-collé et plus largement le plagiat est triplement négatif, on encourt des sanctions parfois lourdes, on ne produit rien d’original, et on ne progresse pas dans la compréhension du sujet, et de l’exposition de ses idées propres.

Par ailleurs, les technologies numériques et internet sont à l’origine de l’écriture numérique, à savoir « la forme de production de textes qui prend en compte dès sa conception les spécificités des outils utilisés (informatique, internet, tablettes), que ce soit les contraintes techniques qu’ils imposent, ou les possibilités qu’ils offrent via, notamment, la création de liens hypertextes, le recours à des actes techniques tels que les actions de copier-coller, la recherche plein texte, etc. » (Wikipédia, Écriture numérique).

À un clic du plagiat

L’une des premières choses à faire est de distinguer les deux termes, le copier-coller n’est pas du plagiat.
Si l’on s’appuie sur les différentes définitions du copier-coller, on retiendra qu’il a sa place dans l’informatique comme technique créé par Larry Tesler, consistant à « copie » temporairement, dans le presse-papiers, la partie sélectionnée d’un document pour pouvoir le réinsérer à une autre place ou dans un autre document. » (Larousse.fr, 2016). En tant que verbe, cela signifie dupliquer, refaire à l’identique. Et par analogie, « Utilisation et appropriation des idées ou des publications d’autrui. » (Wiktionary.org). Cette analogie est le plagiat. En effet selon l’Université d’Angers « Le plagiat est le fait de s’approprier les idées ou les mots de quelqu’un d’autre en les faisant passer pour les siens. Il peut être volontaire ou involontaire. » Cela consiste à « reprendre textuellement une phrase sans guillemets ni mention de la source ».

CTRL + Copier : PlagiatCTRL + Voler : Plagiat (Source : Pédagoblogue)

Le plagiat ne concerne pas seulement les textes mais aussi les images, les sites internet avec des lignes de codes copiées, des données, des schémas. Celui-ci est « favorisé par la disponibilité des ressources et l’efficacité des moteurs de recherche – et les techniques de collecte et de montage – vecteurs d’une dynamique d’appropriation des biens culturels. » (Louise Merzeau, “Copier-coller”, Médium, 32-33 (2012) p. 312-333.)

L’auto-plagiat, c’est possible ! Il s’agit de reprendre tout ou partie d’un travail réaliser auparavant dans un tout autre cadre bien que l’on en soit l’auteur. Cela n’est pas puni par la loi mais est contraire à l’éthique universitaire.
«Vous ne pouvez pas « recycler » des travaux déjà rendus, votre travail doit être original.» (Quizz de l’Université d’Angers)

Je copie, tu copies … ils copient-collent

On a tous plus ou moins plagié, et parfois même sans le savoir. Mais pour ceux qui le font délibérément, on peut noter certaines techniques.

Pour donner des exemples des pratiques les plus courantes, le plus simple reste encore de dire ce que j’ai pu faire. Oui, j’ai copié-collé.

Une des principales raisons de mes copié collé viens de mes recherches documentaires qui me donnent des idées nouvelles auxquelles je n’aurai certainement pas pensé. Mais cela n’explique pas pourquoi je copie, très souvent le texte nous semble alors parfaitement écrit et même en y mettant tout son cœur, nous ne parviendrons pas à faire aussi bien.

Je copie l’idée plus que le texte.

Par « idée » j’entends l’idée apporté par la phrase, par exemple un fait, une description d’un fonctionnement. C’est alors une précision factuelle qui relève d’un fait connu et repérable dans diverses sources. Ce n’est pas une idée appartenant à quelqu’un.

J’ai par habitude de copier des morceaux de phrases ou quelques mots, mais le plus souvent je fini par reformuler, ou l’intégrer en changeant l’ordre des mots. Je change aussi les mots quand je sais que je ne les aurais pas utilisés car marqués par le style du texte d’origine.

Quand je suis confronté à une expression, une idée forte et clairement formulée par un auteur, je fais alors référence à la source, en n’oubliant pas les guillemets. Cependant il m’arrive aussi de reformuler l’expression, tout en mentionnant la source, cela me permet de mieux comprendre l’idée.

Par ailleurs, j’utilise la  méthode du « document de collecte », c’est une bonne pratique du copier-coller. Le document de collecte est un document avec le copié-collé des informations sélectionnées pendant la recherche. Pendant la recherche, il faut penser à copier-coller l’adresse du site web afin d’accéder ou retrouver la source d’information plus rapidement et pouvoir citer correctement la source de l’information. On copie-colle bien évidement les informations, et on enregistre régulièrement le document de collecte pour ne pas perdre ces recherches, sous peine de recommencer à zéro ou bien faire du copié collé par manque de temps.
Cette méthode de travail demande par la suite de reformuler, mettre en commun ces brouillons et ces pistes des recherche avec les informations collecter et concilier dans le document de collecte.
Cependant, parmi le flot d’informations collectées, tout n’est peut-être pas utile ou pas forcément bien compris, ainsi je sélectionne les parties de texte ou de phrases comprises et qui me semblent importantes pour mon travail.

Ne plagiez pas, citez !

Pour écrire cet article, j’ai consulté la notice Wikipédia sur le copié collé afin de savoir ce qui était dit sur le sujet. J’ai lu plusieurs articles de presses sur le sujet du plagiat, chercher des définitions, écouter plusieurs conférences sur le sujet. Tout cela en citant mes sources lorsque que j’ai copié collé des phrases.

La citation, la solution. En effet tout travail de rédaction s’appuie sur une recherche documentaire, citer le texte et la source permet alors d’illustrer nos propos et valorisera le travail de recherche. A condition de citer correctement vos sources. (Voir l’article de l’Université du Québec à Montréal sur comment citer ses sources)

Lexique du copieur-plagiaire

Plagier ?, moi jamais ! Les collégiens et lycéens n’ont souvent pas conscience de faire du plagiat, en effet ils ne cherchent pas à s’attribuer le texte, mais à apporter la réponse exacte à l’énoncer donner par l’enseignant.

« Le rusé », il s’agit de copier et coller une ou plusieurs phrases, puis changer quelques mots, ou la reformule afin de passer presque inaperçu.

« Ni vu ni connu », cela correspond au fait que l’on s’inspire de l’idée de l’auteur, on lit le texte puis on reprend les idées qui nous semble les plus pertinentes sans citer la source.

« L’original », Technique rare mais véridique, le copier-échangé. En 2008, un élève copie intégralement la notice Wikipédia du livre Le Meilleur des mondes d’Aldous Huxley. Ne voulant pas que son devoir de français se faire démasquer par sa prof et ainsi se faire accusé de plagiat, celui-ci s’est amusé à réécrire et saboter le contenu entier de la page. La supercherie fût remarquée quelques jours plus tard par un contributeur. (Voir l’article du Monde.fr qui relate l’affaire.)

Logiciels pour déceler le plagiat

« Une œuvre originale, c’est du plagiat pas encore détecté. » – William Inge

Tout étudiant a déjà eu le discours d’un prof qui met en garde sur le copier-coller, et qui assure pouvoir déceler avec un logiciel miracle, le copier-coller. Avant l’ère du numérique, on peut être certain qu’aucun professeur passait son dimanche à feuilleter la bibliothèque en quête d’un paragraphe mot pour mot identique.

Internet permet l’accès à davantage d’information, mais il a son revers, il est d’autant plus facile de repérer le plagiat. Selon une étude de Compilatio.net, face à une copie d’étudiant « suspecte », 63,7 % des enseignants se base sur des recherches sur Google pour leur travail de correction, 50,7 % se basent sur leur expérience et 19,9 % utilisent un logiciel pour déceler le plagiat.

Ainsi au-delà du style d’écriture qui peut nous trahir, de nombreux logiciels de détection du plagiat sont apparu ces dernières années.

Pour avoir testé certains sites en copiant un paragraphe entier de Wikipédia, je peux dire qu’ils ne sont pas tous efficaces, par exemple Plagiarism-detect, ne détecte aucun plagiat. Les suivants parfois limité en utilisation : Plagium, Positeo, Duplichecker, retrouve la source, mais donnent au mieux une similitude à 80% au lieu des 100 % attendu. Plagtracker très performant, il recoupe plusieurs sources en même temps, pouvant déceler les mélanges d’extraits de plusieurs sources. Enfin Compilatio.net (payant) est quant à lui recommander par l’université de Lyon.

Pour aller plus loin

Un quizz réalisé par l’Université d’Angers permet d’éclairer et d’apporte des réponses sur le plagiat, notamment en s’interrogeant sur les pratiques à faire et à ne pas faire pour éviter le plagiat.

Fiche conseil (PDF) sur la recherche d’information sur internet et la méthode de travail avec un document de collecte.

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Une réflexion sur “L’art du Copié-Collé

  1. Bon article. Vous pourriez encore l’améliorer en insistant sur quelques particularités de l’écriture numérique (ses outils, ses principes, ses logiques).
    Peut-être pourriez-vous mentionner aussi la pratique pédagogique du document de collecte, comme bonne pratique du copier-coller.

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