Internet et ses idées reçues : Déconstruisons !

Faux_Vrai
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Le 1er mars 2014 sur France Culture l’émission « Place de la toile » animée par Xavier de La Porte intitulée « Dix idées reçues sur la Toile » , faisait intervenir Antonio Casilli, spécialiste de la sociologie des réseaux et maître de conférences en humanités numériques à Paris Epitech et Amaelle Guiton, journaliste indépendante qui discutèrent d’idées reçues souvent véhiculées et de la manière de les déconstruire.

Dans le cadre de notre option information communication et du cours de compétences et présence numérique, j’ai retenue 8 idées reçues que je trouve fondamental de revoir car elles nous concernent particulièrement.

  • « INTERNET C’EST DU VIRTUEL » FAUX : Cette affirmation n’est pas vraie car Internet n’est pas  le web. Internet possède une matérialité c’est des câbles, un modem, des data centers ou nos données sont stockées, des satellites. Internet est souvent perçu comme quelque chose d’uniquement immatériel car vu comme une interface que l’on explore via un support comme l’ordinateur, le smartphone ou la tablette. Or, il y’a une relation entre le monde physique et le monde virtuel et inversement. Internet a une résultante très importante dans le réel, on peut le voir avec les scandales que peuvent créer des tweets ou des photos publiées dessus. La notion de « IRL »( In Real Life) utilisée par les internautes montre que Internet a des conséquences sur notre vie de tout les jours. Antonio Casilli parle d’une « mise en boucle entre présentiel et non présentiel » et d’un « aller retour entre le proche et le lointain« .

 

  • « INTERNET FACILITE LES ECHANGES COMMERCIAUX » VRAI ET FAUX : Bien souvent, on pense qu’Internet supprimer les barrières entre commerçants et consommateurs, ou encore que l’achat de produits situés à l’étranger est beaucoup plus simple grâce au web. Ces affirmations sont à la fois vraies et fausses. Il est vrai que le e-commerce a révolutionné le commerce international. Il est aujourd’hui possible grâce à des sites comme Ebay ou Amazon ou encore aux sites web des marques de se procurer des produits situés aux 4 coins du monde. La palette de choix est beaucoup plus variée pour le consommateur qu’avant l’e-commerce. Cependant parler de suppression des frontières ou de simplicité est faux : Comme je l’ai précisé dans le premier point Internet n’est pas que du virtuel, ce qui se passe dessus a des conséquences dans le réel il en est de même pour le transfert de marchandises. Internet ne supprime pas les taxes douanières, les frais d’envoi, les délais d’envoi, les protocoles commerciaux entre les pays et le risque de fraudes ou d’arnaques. L’exemple le plus courant que l’on peut voir
  • « NOUS SOMMES ACCROS AU NUMERIQUE » FAUX : Pour cette affirmation, je prend appui sur l’explication donnée par Antonio Casilli dans l’émission « Place de la Toile ». Il parle dans un premier temps de « controverse » concernant la question de l’addiction à Internet avec d’un côté des psychologues qui affirment que l’on peut devenir accro au numérique et donc bénéficier d’un traitement pour se soigner et de l’autre des individus qui affirment que c’est une ruse des psychologues. Antonio Casilli poursuit en expliquant que cette idée d’addiction n’est pas personnel mais imposée par des industries qui créent des produits et des services créant de  l’addiction. Ces industries créent des biens et des services de plus en plus connectés dont nous finissons par dépendre et qui donc prolonge notre usage et nous amène à parler d’addiction.  Cette nuance est très importante, il faut distinguer addiction et pratique excessive. Nous utilisons le numérique le plus souvent car il nous permet de gérer plusieurs tâches en même temps – pour cette question je vous renvoie à cet l’article sur le « multitasking » – l’addiction est quelque chose que l’on peut affirmer à titre individuel et non de façon généralisé. La pratique excessive est quelque chose d’autre et il convient à chacun.e.s de nous de savoir gérer l’usage que l’on fait du numérique. Bon nombre de personnes utilisent encore des outils non électronique pour l’organisation de la vie quotidienne, par exemple l’utilisation d’agenda papier est encore courante, le smartphone n’a pas remplacé les montres, l’utilisation du paiement via le mobile est possible mais pas encore monnaie courante.
  • « SUR INTERNET ON EST LIBRES DE FAIRE CE QUE L’ON VEUT » VRAI ET FAUX : On perçoit souvent Internet comme une jungle ou l’on est libre de dire et publié ce que l’on veut, un lieu ou rien est organisé, bref un capharnaüm numérique. Cette idée est à la fois vraie et fausse. Il est vrai que concernant la prise de parole, Internet a permis à de nombreuses personnes isolées de pouvoir s’exprimer au monde entier de façon beaucoup plus rapide, on a pu voir la conséquence durant le Printemps arabe  et a aussi permis comme le dit Amaelle Guiton « une accélération de la communication« . Mais Internet reste un lieu très organisé et contrôlé. La question des traces est fondamentale dans cette optique la. On répète souvent qu’il est impératif de ne pas poster n’importe quoi sur le web car de plus en plus, les recruteurs cherchent des informations sur leurs employés, ou l’on a pu voir des personnes condamnés et/ou licenciés pour des tweets discriminants. Le web n’échappe pas au droit que ce soit pour des questions de propriétés intellectuelles, de discriminations ou de diffamations.

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  •  » SUR INTERNET LA VIE PRIVEE N’EXISTE PLUS«  VRAI ET FAUX : La question de la vie privée dans les médias sociaux a été étudié par Antonio Casilli dans son ouvrage « Contre l’hypothèse de la fin de la vie privée » et par Jean-Marc Manach dans son livre « La vie privée, un problème de vieux cons?« . La question de la relation entre vie privée et informatique est regroupée dans le concept de « privacy« . On peut dire qu’avec le web, la notion de vie privée s’est modifiée, il existe une transparence sur le web notamment avec la collecte de données qui sert le plus souvent à proposer du contenu plus personnalisé, la surveillance permanente par des entreprises tierces qui nous donne l’impression qu’il n’existe plus de vie privée. Il existe quand même de la privation avec la sécurisation des données bancaires par exemple. Antonio Casilli parle de « négociation de la vie privée », nous sommes responsables de ce que nous souhaitons communiquer concernant notre état civil sur le web.
  • « LES RESEAUX SOCIAUX C’EST LE REGNE DE L’INDIVIDUALISME » VRAI ET FAUX: Amaelle Guiton fournit une nuance très pertinente concernant cette idée reçue qui n’est pas que « tout le monde veut se montrer mais tout le monde A LE DROIT de se montrer« . Lorsqu’on l’on analyse cette nuance tout devient beaucoup moins radical. Dans l’optique que tout le monde peut se montrer, le contenu est forcément est forcément plus dense et varié. L’usage du web et des réseaux sociaux devient varié certains parlent d’eux c’est vrai mais il ne faut pas oublier qu’ils existent des travaux collaboratifs comme les MOOC qui sont fait par une ou plusieurs personnes pour un large public ou encore les tutoriels sur Youtube qui visent à communiquer des connaissances acquises aux internautes. Il n’est donc pas question que d’individualisme, de nombrilisme ou d’égoïsme mais surtout d’usage.
  • « INTERNET TUE LES ARTISTES«  FAUXCapture d’écran 2016-03-20 à 20.22.25.png

 

  •  » LE WEB NOUS REND SOLITAIRE  » FAUX : La encore, on parle souvent de solitude et d’asociabilité pour les personnes jouant aux jeux vidéos en réseaux. Les jeux vidéos et le web sont deux choses totalement distinctes. Si un individu se juge accro il convient la de résoudre la pathologie mais tout comme la question de l’addiction aux outils numériques, il est question d’usage. Le web peut rendre solitaire si l’on se cloisonne uniquement dans cette perspective la mais il peut aussi permettre de créer des mouvements, de rassembler des gens dans la vie réelle, on peut voir comment les réseaux sociaux ont permis une forte mobilisation pour la loi du travail.

 

A travers ces 8 exemples, on remarque bien que tout n’est pas faux. Ces idées reçues ont été et sont toujours des raccourcis qu’il est impératif de décortiquer. Des spécialistes comme Jean Marc Manach, Antonio Casilli , Dominique Cardon ou encore Louise Merzeau sont d’excellents exemples à lire pour ce qui est la question de la vie privée, des usages et de la présence numérique. Déconstruire les stéréotypes liés à la Toile sont importants car ils permettent le développement de son esprit critique, d’éviter de les relayer et surtout d’avoir une meilleure maîtrise de son image sur le net.

 

 

Sources à lire:

Pour une bibliographie plus complète concernant la question des idées reçues sur le web

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Une réflexion sur “Internet et ses idées reçues : Déconstruisons !

  1. L’idée et la structure de l’article sont pertinentes. Pour ne pas seulement répéter l’émission Place de la toile, il faudrait maintenant illustrer vos différents points avec des exemples et des images…

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